lundi 22 octobre 2007

Le journalisme d'investigation a de l'avenir

Plus d’un tiers (37%) des grands journaux américains n’ont pas de journalistes d’investigation au sein de leur rédaction, indique une récente enquête. Comme en France, ce type de journalisme, qui devrait pourtant être un pléonasme, est en voie d’extinction. Trop coûteux (il faut du temps et ne pas rester coller à son bureau pour faire une bonne enquête)et préoccupant (toute vérité n’est pas bonne à dire pour les annonceurs ou amis politiques). Les rédactions préfèrent remplacer leurs vieux Routelabille par de bons petits soldats : de jeunes journalistes, sans rubriques définies, pouvant dégainer (écrire à la 4ème vitesse des articles), sans ramener leurs fraises (confronter leur expertise à l’ordre d’en haut).
Dans ce contexte peu réjouissant, une agence de journalisme d’investigation à but non lucratif va être créee à New-York. Financée par des organisations de philanthropie et dirigée par un rédacteur en chef du Wall Street Journal, Paul Steiger, “ ProPublica” ambitionne de " réaliser des enquêtes importantes qui sont de plus en plus difficiles à faire pour beaucoup de médias, a précisé à l’AFP Richard Tofel, directeur général de la future agence. Nous fournirons ensuite ces enquêtes aux médias capables de leur donner le plus de retentissement possible." Selon les cas, les enquêtes pourront aussi être fournies à des médias étrangers, a-t-il précisé.
“ProPublica” sera financée à hauteur de 10 millions de dollars par an par des organisations philanthropiques, telles que la Sandler Foundation, the Atlantic Philanthropies, la JEHT Foundation, la MacArthur Foundation. L’agence devrait être opérationnelle début 2008 avec une rédaction de 24 reporters à temps plein. Les candidatures “ de gens très, très bien” pleuvent, paraît-il.

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