Philippe Madelin, journaliste blogger
La presse est-elle meilleure aujourd’hui qu’hier ? Cette question m’est souvent posée par de jeunes journalistes, à qui je donne des cours.
Franchement, la presse ne me paraît pas pire que “dans mon temps”. Et même plutôt meilleure. Dans les années 1960, les journaux étaient paradoxalement moins nombreux qu’aujourd’hui si on tient compte de la prolifération des périodiques, radios, chaînes de télé, et surtout de l’énorme masse des sites internet.
La présentation autorisée par les techniques graphiques issues des programmes X.Press et autres est incomparable : allez regarder Le Monde de 1960 et celui d’aujourd’hui, vous mesurerez le chemin parcouru. La richesse du contenu n’est pas davantage comparable. Ouvrez le site du New York Times : il vous faudra du temps pour prendre connaissance des seuls grands chapitres dz la page d’accueil. Même les plus petits journaux peuvent étaler une immense gamme d’informations, voire permettre l’accès à leurs archives sur plusieurs années.
Pour autant, la qualité intrinsèque de l’information est-elle meilleure ? Oui, dans la mesure où les journalistes sont mieux formés, plus compétents, capables d’accéder à un plus grand nombre de sources, banques de données, Google, etc. Une gamme qui tend vers l’infini, même s’il faut manier tout ça avec prudence.
Ce cocorico est toutefois assorti de nombreux bémols : une grande partie de la presse est bridée par des conditions financières de plus en plus drastiques, qui limitent l’élaboration de l’information à des schémas stéréotypés. A un formatage strict. Dans une rédaction ordinaire, un journaliste n'a pas toute la liberté de manoeuvre, qu'il désire. Il sait pour qui il travaille. Et à qui il s'adresse. Le pire ennemi est alors moins la censure (sulfureuse lorsqu'elle est dévoilée) mais l'auto-censure.
Même dans les sites internet, où on a pourtant les coudées plus franches,les journalistes jeunes, et moins jeunes, sont trop souvent des pions interchangeables sur un échiquier dont on ne sollicite guère les facultés mentales. On reste trop souvent sur le mode éditorial - voilà ce que je pense - au détriment de l’investigation et de l’explication en profondeur.
En bref : tout devrait contribuer à rendre la presse infiniment meilleure que naguère, mais les contraintes capitalistiques entraînent trop souvent les quotidiens, les hebdomadaires, les mensuels dans les profondeurs de la médiocrité. Et une grande question se pose : quel est l’avenir réel de la Presse papier ? Cette interrogation fondamentale sous tend les débats organisés dans le cadre des Etats généraux de la presse. D’où sont curieusement exclus les journalistes et les lecteurs. Seul semble compter le point de vue des patrons.
En fait, on peut se demander si l’avenir de l’information ne se situe pas dans la perspective d’une … disparition de la presse telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire liée au support matériel papier.Dès aujourd’hui une fraction non négligeable de l’information est diffusée hors presse. Par les sites internet et des blogs. On n’a jamais tant écrit pour le public. Même si la plupart présentent des marques d’un amateurisme (l’information, ça s’apprend aussi), ils sont de plus en plus nombreux à atteindre une qualité professionnelle. Et ils sont très lus, surtout par les jeunes, que ne parviennent plus à attirer les journaux papier.
Affichage des articles dont le libellé est presse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est presse. Afficher tous les articles
lundi 5 janvier 2009
jeudi 29 mai 2008
AFP : à consommer avec modération ! (1)
L'AFP est à la fois la meilleure amie et la pire ennemie du journaliste. Les dépêches de l'agence, qui arrivent en permanence sur les écrans des rédactions abonnées, rendent de grands services. Elles alertent de la survenance d'un événement, de l'évolution d'une actualité ou de la réaction de tel groupement face à une actualité. Ces informations sont généralement vérifiées et recoupées par les journalistes de l'AFP, considérée comme l'une des meilleures agence de presse du monde avec l'américaine Reuters.
Cette crédibilité est un atout. Il permet, le matin, de préparer le contenu du journal, et, de le faire évoluer au fil de la journée. Le journaliste, qui se doit de mener l'enquête de son côté, pourra compléter son papier, au moment du bouclage, avec des informations récentes obtenues par l'AFP. Politiques, associations, ONG, entreprises, syndicats ... connaissent le " système médiatique " et savent qu'il est beaucoup plus efficace de contacter d'abord l'AFP pour faire part d'une information, plutôt que les différentes rédactions.
Si l'AFP choisit de diffuser l'information (qu'elle a donc distingué d'une communication, n'apportant rien au débat), celle-ci est en quelque sorte "adoubée". Les chefs de service et rédacteurs en chef des différentes rédactions la considèrent comme digne d'intérêt, quitte à mettre en doute ou ne pas entendre les réserves de leurs propres journalistes. Quel envoyé spécial ou correspondant régional n'en a pas fait l'expérience ? Sur le terrain, il a récolté de nombreux témoignages, qui lui ont donné l'idée de reportages et d'angles originaux. Exalté, il téléphone à son chef de service, resté, le nez collé à son écran. Et que s'entend-il répondre ? " En regardant les dépêches, j'avais pensé à d'autres sujets, comme ... "
Autre source de conflit : l'intégration, par le chef de service, de copier-coller de dépêche dans les articles de ses journalistes. Au motif qu'il fallait la toute dernière information. Si celle-ci était essentielle, d'accord. Sinon, cela méritait-il de casser le rythme d'un reportage ou d'enlever des éléments de compréhension ou d'analyse à une enquête ? A l'heure d'internet et de l'immédiateté de l'information, cette utilisation faite de l'AFP amplifie l'impression d'uniformisation des médias. Or, la presse écrite est morte si elle n'apporte pas de plus-value (décryptage, reportage, mise en perspective ...) par rapport aux médias chauds, que sont l'audio-visuel et l'internet.
Cette crédibilité est un atout. Il permet, le matin, de préparer le contenu du journal, et, de le faire évoluer au fil de la journée. Le journaliste, qui se doit de mener l'enquête de son côté, pourra compléter son papier, au moment du bouclage, avec des informations récentes obtenues par l'AFP. Politiques, associations, ONG, entreprises, syndicats ... connaissent le " système médiatique " et savent qu'il est beaucoup plus efficace de contacter d'abord l'AFP pour faire part d'une information, plutôt que les différentes rédactions.
Si l'AFP choisit de diffuser l'information (qu'elle a donc distingué d'une communication, n'apportant rien au débat), celle-ci est en quelque sorte "adoubée". Les chefs de service et rédacteurs en chef des différentes rédactions la considèrent comme digne d'intérêt, quitte à mettre en doute ou ne pas entendre les réserves de leurs propres journalistes. Quel envoyé spécial ou correspondant régional n'en a pas fait l'expérience ? Sur le terrain, il a récolté de nombreux témoignages, qui lui ont donné l'idée de reportages et d'angles originaux. Exalté, il téléphone à son chef de service, resté, le nez collé à son écran. Et que s'entend-il répondre ? " En regardant les dépêches, j'avais pensé à d'autres sujets, comme ... "
Autre source de conflit : l'intégration, par le chef de service, de copier-coller de dépêche dans les articles de ses journalistes. Au motif qu'il fallait la toute dernière information. Si celle-ci était essentielle, d'accord. Sinon, cela méritait-il de casser le rythme d'un reportage ou d'enlever des éléments de compréhension ou d'analyse à une enquête ? A l'heure d'internet et de l'immédiateté de l'information, cette utilisation faite de l'AFP amplifie l'impression d'uniformisation des médias. Or, la presse écrite est morte si elle n'apporte pas de plus-value (décryptage, reportage, mise en perspective ...) par rapport aux médias chauds, que sont l'audio-visuel et l'internet.
jeudi 29 novembre 2007
Un pas de plus vers l'horreur médiatique
Gros blues dans les rédactions. Ce que beaucoup de journalistes préssentaient avant l'élection de Sarkozy se confirme. En pire. Un journal, La Tribune, va être vendu pour ... un euro. Bernard Arnault(groupe LVMH), qui a fait passer ses pertes de 17 millions de francs à 17 millions d'euros en 15 ans, s'apprête à s'en séparer pour s'offrir son concurrent Les Echos, jugé plus prestigieux pour faire mousser sa soixantaine de marques, ainsi que les faits et gestes de son ami Sarkozy, dont il fut le témoin de mariage.
Autres amis de l'Elysée, le directeur de la rédaction du "Figaro" Nicolas Beytout (sa nomination a même été annoncée par Sarkozy) dirigera le nouveau pôle médias de LVMH, tandis qu'Etienne Mougeotte, ancien vice-président de TF1, le remplacera. Selon la rumeur, LVMH lorgnerait aussi sur TF1 et le Financial Times, journal européen de référence, aujourd'hui très critique sur la politique de Sarkozy en matière économique. Rappelons que parmi les autres meilleurs amis de l'Elysée, figurent Arnaud Lagardère (Journal du Dimanche, Paris Match ...), Martin Bouygues (TF1, LCI ...), Vincent Bolloré (Direct Plus, Direct Soir ...), Alain Minc (Le Monde), etc.
Malgré les cris d'alertes des journalistes directement concernés, ce rabattement des cartes médiatiques s'opère dans l'indifférence générale. Peu de chance que TF1, France 2 ou Europe 1, chaînes amies, ne fassent les gros titres sur les conflits d'intérêt et problèmes d'indépendance de la presse ainsi posés.
Quant aux services de communication de l'Elysée et des principaux ministères, ils ont une même priorité : montrer des images de leurs patrons, accompagnés d'un minimum de commentaires, dans les journaux les plus lus ou regardés par les Français (Paris Match, TF1...). Pour le reste de la presse : service minimum. Qui lit encore des journaux ? Des intellos, des gauchistes, des cultureux ...
Rarement autant de journalistes se sont faits ainsi tirer les oreilles par les services de presse d'un ministère pour un article jugé défavorable à leur boss. Avec des "sanctions" immédiates : plus d'invitation au Quai d'Orsay lors de passage de ministres étrangers, plus de conférence ou voyage de presse de l'Elysée, plus de rappel téléphonique quand un journaliste demande à avoir un détail ou à confirmer une information d'urgence avant de boucler un article ...
Pendant ce temps, la vulgarité et le clientélisme continuent. Un Président qui s'exprime comme un charretier, une ministre qui s'invente des diplômes, des cessations de poursuites pour les amis, la dépénalisation du droit pénal pour les patrons voyous, des réductions d'impôts pour ceux qui en ont le moins besoin ... Mieux vaut, dans un tel contexte, tenter de controler les médias pour que certaines informations ne sortent pas ou, alors, accompagnées d'un commentaire explicatif à la sauce élyséenne.
Autres amis de l'Elysée, le directeur de la rédaction du "Figaro" Nicolas Beytout (sa nomination a même été annoncée par Sarkozy) dirigera le nouveau pôle médias de LVMH, tandis qu'Etienne Mougeotte, ancien vice-président de TF1, le remplacera. Selon la rumeur, LVMH lorgnerait aussi sur TF1 et le Financial Times, journal européen de référence, aujourd'hui très critique sur la politique de Sarkozy en matière économique. Rappelons que parmi les autres meilleurs amis de l'Elysée, figurent Arnaud Lagardère (Journal du Dimanche, Paris Match ...), Martin Bouygues (TF1, LCI ...), Vincent Bolloré (Direct Plus, Direct Soir ...), Alain Minc (Le Monde), etc.
Malgré les cris d'alertes des journalistes directement concernés, ce rabattement des cartes médiatiques s'opère dans l'indifférence générale. Peu de chance que TF1, France 2 ou Europe 1, chaînes amies, ne fassent les gros titres sur les conflits d'intérêt et problèmes d'indépendance de la presse ainsi posés.
Quant aux services de communication de l'Elysée et des principaux ministères, ils ont une même priorité : montrer des images de leurs patrons, accompagnés d'un minimum de commentaires, dans les journaux les plus lus ou regardés par les Français (Paris Match, TF1...). Pour le reste de la presse : service minimum. Qui lit encore des journaux ? Des intellos, des gauchistes, des cultureux ...
Rarement autant de journalistes se sont faits ainsi tirer les oreilles par les services de presse d'un ministère pour un article jugé défavorable à leur boss. Avec des "sanctions" immédiates : plus d'invitation au Quai d'Orsay lors de passage de ministres étrangers, plus de conférence ou voyage de presse de l'Elysée, plus de rappel téléphonique quand un journaliste demande à avoir un détail ou à confirmer une information d'urgence avant de boucler un article ...
Pendant ce temps, la vulgarité et le clientélisme continuent. Un Président qui s'exprime comme un charretier, une ministre qui s'invente des diplômes, des cessations de poursuites pour les amis, la dépénalisation du droit pénal pour les patrons voyous, des réductions d'impôts pour ceux qui en ont le moins besoin ... Mieux vaut, dans un tel contexte, tenter de controler les médias pour que certaines informations ne sortent pas ou, alors, accompagnées d'un commentaire explicatif à la sauce élyséenne.
lundi 22 octobre 2007
Le journalisme d'investigation a de l'avenir
Plus d’un tiers (37%) des grands journaux américains n’ont pas de journalistes d’investigation au sein de leur rédaction, indique une récente enquête. Comme en France, ce type de journalisme, qui devrait pourtant être un pléonasme, est en voie d’extinction. Trop coûteux (il faut du temps et ne pas rester coller à son bureau pour faire une bonne enquête)et préoccupant (toute vérité n’est pas bonne à dire pour les annonceurs ou amis politiques). Les rédactions préfèrent remplacer leurs vieux Routelabille par de bons petits soldats : de jeunes journalistes, sans rubriques définies, pouvant dégainer (écrire à la 4ème vitesse des articles), sans ramener leurs fraises (confronter leur expertise à l’ordre d’en haut).
Dans ce contexte peu réjouissant, une agence de journalisme d’investigation à but non lucratif va être créee à New-York. Financée par des organisations de philanthropie et dirigée par un rédacteur en chef du Wall Street Journal, Paul Steiger, “ ProPublica” ambitionne de " réaliser des enquêtes importantes qui sont de plus en plus difficiles à faire pour beaucoup de médias, a précisé à l’AFP Richard Tofel, directeur général de la future agence. Nous fournirons ensuite ces enquêtes aux médias capables de leur donner le plus de retentissement possible." Selon les cas, les enquêtes pourront aussi être fournies à des médias étrangers, a-t-il précisé.
“ProPublica” sera financée à hauteur de 10 millions de dollars par an par des organisations philanthropiques, telles que la Sandler Foundation, the Atlantic Philanthropies, la JEHT Foundation, la MacArthur Foundation. L’agence devrait être opérationnelle début 2008 avec une rédaction de 24 reporters à temps plein. Les candidatures “ de gens très, très bien” pleuvent, paraît-il.
Dans ce contexte peu réjouissant, une agence de journalisme d’investigation à but non lucratif va être créee à New-York. Financée par des organisations de philanthropie et dirigée par un rédacteur en chef du Wall Street Journal, Paul Steiger, “ ProPublica” ambitionne de " réaliser des enquêtes importantes qui sont de plus en plus difficiles à faire pour beaucoup de médias, a précisé à l’AFP Richard Tofel, directeur général de la future agence. Nous fournirons ensuite ces enquêtes aux médias capables de leur donner le plus de retentissement possible." Selon les cas, les enquêtes pourront aussi être fournies à des médias étrangers, a-t-il précisé.
“ProPublica” sera financée à hauteur de 10 millions de dollars par an par des organisations philanthropiques, telles que la Sandler Foundation, the Atlantic Philanthropies, la JEHT Foundation, la MacArthur Foundation. L’agence devrait être opérationnelle début 2008 avec une rédaction de 24 reporters à temps plein. Les candidatures “ de gens très, très bien” pleuvent, paraît-il.
mardi 9 octobre 2007
L’info payante contre-attaque sur le net
Arret sur images est mort, vive @rrêtsurimages.net ! Dejà 15.000 fidèles de la défunte émission de France 5, dirigée et animée par Daniel Schneidermann, se sont abonnés à la future version internet, qui sera mise en ligne début janvier. Le prix de l’abonnement a été fixé à 3 euros par mois et à 30 euros par an (1 et 12 euros pour les chômeurs, précaires).
Financé « exclusivement par les abonnés, et la publicité », le nouveau site aura pour seuls actionnaires (« par souci d’indépendance ») « les partenaires et les salariés qui contribueront à sa production ». Le choix économique est celui de la mixité (gratuit et payant) : certains contenus resteront en accès libre pour « contribuer au débat public », mais seuls les abonnés accèderont aux dossiers multimedia, aux archives, ainsi qu’à un réseau communautaire.
Alors que les journaux d’informations continuent à chercher leur modèle économique sur le net et que la tentation du « tout gratuit » (financé par la seule pub) gagne du terrain (Le Parisien.fr y réfléchit à son tour), fleurissent des vélléités de faire payer l'information de qualité sur le net. Ainsi, l'ex rédacteur en chef Edwy Plenel cherchait cet été des investisseurs pour lancer un journal d'enquêtes en ligne, dont l'essentiel du contenu serait payant.
C'est ce vers quoi, s'oriente aussi, avec une longueur d'avance, le journal " d'informations, enquêtes et mauvais esprit" bakchich.info, crée il y a un an par Xavier Monnier et Guillaume Barou, âgés d'un petit un quart de siècle. Les deux anciens journaliste du satirique Gri-Gri international ont su se faire conseiller et s'entourer de plumes bien informées. Après une première année, ornée de quelques jolis scoops, Bakchich s'apprête à faire payer la crème de ses infos. Et se permet même de débaucher dans la presse écrite ! Ainsi, le journaliste Nicolas Beau, qui négocie son départ du Canard Enchaîné, rejoindrait les jeunes pousses du premier journal satirique en ligne, qu'il conseille et abreuve depuis le début.
Financé « exclusivement par les abonnés, et la publicité », le nouveau site aura pour seuls actionnaires (« par souci d’indépendance ») « les partenaires et les salariés qui contribueront à sa production ». Le choix économique est celui de la mixité (gratuit et payant) : certains contenus resteront en accès libre pour « contribuer au débat public », mais seuls les abonnés accèderont aux dossiers multimedia, aux archives, ainsi qu’à un réseau communautaire.
Alors que les journaux d’informations continuent à chercher leur modèle économique sur le net et que la tentation du « tout gratuit » (financé par la seule pub) gagne du terrain (Le Parisien.fr y réfléchit à son tour), fleurissent des vélléités de faire payer l'information de qualité sur le net. Ainsi, l'ex rédacteur en chef Edwy Plenel cherchait cet été des investisseurs pour lancer un journal d'enquêtes en ligne, dont l'essentiel du contenu serait payant.
C'est ce vers quoi, s'oriente aussi, avec une longueur d'avance, le journal " d'informations, enquêtes et mauvais esprit" bakchich.info, crée il y a un an par Xavier Monnier et Guillaume Barou, âgés d'un petit un quart de siècle. Les deux anciens journaliste du satirique Gri-Gri international ont su se faire conseiller et s'entourer de plumes bien informées. Après une première année, ornée de quelques jolis scoops, Bakchich s'apprête à faire payer la crème de ses infos. Et se permet même de débaucher dans la presse écrite ! Ainsi, le journaliste Nicolas Beau, qui négocie son départ du Canard Enchaîné, rejoindrait les jeunes pousses du premier journal satirique en ligne, qu'il conseille et abreuve depuis le début.
mardi 2 octobre 2007
Irresponsable New-York Times ?!
Un journal en ligne, qui avait fait le pari d’un contenu payant et rentable, y renonce. Si la plupart des articles du New-York Times étaient diffusés gratuitement sur le site, l’accès aux éditoriaux et tribunes des grandes plumes du journal demeurait payant. Ce qui rapportait chaque année la coquette somme de 10 millions de dollars. Mais le grand quotidien new-yorkais veut croire qu’en les diffusant eux aussi gratuitement, il drainera davantage de visites sur les pages, donc plus d’audience, plus de pubs et plus d’argent.
Confiant dans l’avenir, le journal mise sur un flux toujours plus important de publicité sur la toile. Sans doute a-t-il fait ses calculs. Peut-être fait-il le
bon choix pour ce qui le concerne. Sa marque et son prestige sont tels que, même en cas de coups durs pour l’économie, les publicités publiées dans ce journal ne seront pas les premières sacrifiées.
Mais qu’en sera-t-il pour les autres titres? Le passage du NYT d’un système mixte (gratuit et payant)pertinent à un journal en ligne entièrement gratuit(donc financé exclusivement par la publicité) donne le « la » à une économie des médias, qui se cherche sur la toile. C’est une mauvaise nouvelle pour la profession. Qui conduit à s’interroger sur la place et l’avenir d’une presse de qualité indépendante et payante.
Has been de se poser une telle question? Le penser est nier une réalité : l’information a un coût. « Bétonner » (réécrire à la va vite) une dépêche d’agence demande peu de temps mais apporte une information purement factuelle, sans analyse, ni perspective. A l’inverse, un bon reportage ou une enquête nécessitent de se déplacer, de rencontrer un maximum d’acteurs et surtout de recouper, ce qui demande du temps et de l’argent.
Que des évidences, certes. Mais ce rappel doit amener à se demander ce qu’il se passerait si la plupart des journaux confiaient leur avenir à la publicité. Au delà des problèmes d’indépendance que cela peut poser (boycott de l’annonceur pas content d’une information le concernant ou d’une façon de traiter l’actualité économique, voire politique), qu'arriverait-il en cas de brusque récession économique ? Dans ce cas, la publicité est toujours le premier budget que les entreprises choisissent de tailler. Les journaux de qualité risqueraient-ils alors de disparaître au moment où l’on aura le plus besoin d’eux ?
Confiant dans l’avenir, le journal mise sur un flux toujours plus important de publicité sur la toile. Sans doute a-t-il fait ses calculs. Peut-être fait-il le
bon choix pour ce qui le concerne. Sa marque et son prestige sont tels que, même en cas de coups durs pour l’économie, les publicités publiées dans ce journal ne seront pas les premières sacrifiées.
Mais qu’en sera-t-il pour les autres titres? Le passage du NYT d’un système mixte (gratuit et payant)pertinent à un journal en ligne entièrement gratuit(donc financé exclusivement par la publicité) donne le « la » à une économie des médias, qui se cherche sur la toile. C’est une mauvaise nouvelle pour la profession. Qui conduit à s’interroger sur la place et l’avenir d’une presse de qualité indépendante et payante.
Has been de se poser une telle question? Le penser est nier une réalité : l’information a un coût. « Bétonner » (réécrire à la va vite) une dépêche d’agence demande peu de temps mais apporte une information purement factuelle, sans analyse, ni perspective. A l’inverse, un bon reportage ou une enquête nécessitent de se déplacer, de rencontrer un maximum d’acteurs et surtout de recouper, ce qui demande du temps et de l’argent.
Que des évidences, certes. Mais ce rappel doit amener à se demander ce qu’il se passerait si la plupart des journaux confiaient leur avenir à la publicité. Au delà des problèmes d’indépendance que cela peut poser (boycott de l’annonceur pas content d’une information le concernant ou d’une façon de traiter l’actualité économique, voire politique), qu'arriverait-il en cas de brusque récession économique ? Dans ce cas, la publicité est toujours le premier budget que les entreprises choisissent de tailler. Les journaux de qualité risqueraient-ils alors de disparaître au moment où l’on aura le plus besoin d’eux ?
Inscription à :
Articles (Atom)